Abraham

Abraham

Nous allons étudier sur cette page un cours extrait de la vie d'Abraham. À partir de cet extrait, nous allons discuter de la fusion, qui est un désir de l'homme de se fondre dans la personnalité de son père ou sa mère et de ne pas développer la sienne. Nous verrons ainsi la puissance de la parole de Dieu dans l'Ancien Testament.


Abraham et la fusion

Marie Balmary nous invite à approfondir, à partir de la parole de Dieu, cette notion de fusion qui dure et à prendre conscience de l'impérieuse nécessité d'en sortir. Elle propose notamment une relecture de l'histoire d'Abram et de Saraï. (Marie BALMARY, Le Sacrifice interdit, Paris, Grasset, 1986, p.94-97)

YHWH dit à Abram : Pars, de ta terre, de ton enfantement, de la maison de ton père, vers la terre que je te ferai voir.

La terre que " je " ferai voir à toi, la terre du " je-tu ". Abram est donc appelé à quitter le pays de son père, sa tribu, à une époque où cela paraissait impensable, pour aller vers sa propre terre intérieure, son " je ", son identité qu'il doit différencier de celle de son père et de celle de sa mère. Il obéit à cette voix et entreprend ce chemin intérieur au coeur duquel il devient véritablement lui-même, reçoit son véritable nom, Abraham, et du même coup devient fécond :

Voici mon alliance avec toi : tu deviendras père d'une multitude de nations. Et l'on ne t'appellera plus Abram, mais ton nom sera Abraham, car je te fais père d'une multitude de nations. Je te tendrai extrêmement fécond, de toi je ferai des nations, et des rois sortiront de toi.

Saraï, son épouse, est appelée au même cheminement :

Dieu dit à Abraham : tu n'appelleras plus ta femme Saraï du nom de Saraï, car elle aura pour nom Sara. Je la bénirai et même je te donnerai par elle un fils.

Telle est la promesse de Dieu. Ainsi Saraï change de nom, ce qui signifie que Dieu l'établit dans sa véritable identité. Elle était la princesse de son père (la lettre hébraïque ï indiquant le possessif). Elle devient Sara libre, non mélangée, capable de quitter la condition de dépendance. À quatre-vingt-dix ans, elle qui était stérile, va porter un fruit inespéré.