La religion chrétienne et les anciennes religions païennes

Mithra et le taureau

Plusieurs personnes ont récemment critiqué le christianisme en affirmant que le christianisme primitif et le Nouveau Testament étaient en fait des copies d'anciennes religions païennes. Puisque ces propos affirment que la doctrine de la mort et de la résurrection du Christ est également un emprunt, ces critiques sont sérieuses. Cependant, ces critiques se basent souvent sur des sources qui n'existent pas ou sur des textes qui datent de plusieurs siècles avant le Nouveau Testament. De plus, les parallèles faits entre le christianisme et les religions païennes résultent souvent de descriptions non critiquées de pratiques et de croyances païennes, mais dans un langage chrétien.

Que sont les anciennes religions païennes à mystère?
Reconstruction des religions à mystère
Parallèles Frappants ?
Résumé des arguments
Conclusion




Pendant la première moitié du vingtième siècle, plusieurs auteurs et professeurs ont affirmé que les enseignements du Nouveau Testament à propos de la mort et de la résurrection de Jésus, du baptême et de la dernière Cène étaient des copies des enseignements des religions à mystère païennes. L'affirmation la plus grave de ces auteurs est celle que la doctrine de rédemption du Nouveau Testament était un thème commun que l'on retrouvait souvent dans les religions à mystère : celui d'un dieu-sauveur qui meurt violemment pour ceux qu'ils sauvent et la résurrection de ce Dieu par la suite. Est-ce que le Nouveau Testament a été influencé par les religions païennes du premier siècle après Jésus-Christ ? Il est important de répondre à cette question, car elle circule énormément et la majorité des personnes n'ont pas la compétence nécessaire pour savoir ce qu'il en est vraiment.

Que sont les anciennes religions païennes à mystère?

À part le judaïsme et le christianisme, les religions à mystère étaient les religions les plus influentes au Ier siècle après Jésus-Christ. La raison pour laquelle ces cultes étaient appelés religions à mystère est qu'elles comprenaient une cérémonie secrète connue uniquement par les initiés. Ces derniers croyaient que ces pratiques apportaient le salut. Ces religions à mystère n'étaient pas, bien sûr, les seules manifestations de l'esprit religieux de l'empire romain de l'époque. On retrouvait également des cultes publics qui ne demandaient pas à ses membres de participer à des cérémonies secrètes. Un exemple de ce type de religion est la religion de l'Olympie grec et son équivalent romain. Chaque région de la Méditerranée a produit sa propre religion à mystère. De la Grèce a immergé les cultes de Déméter et de Dionysos, de même que les religions à mystères d'Orphée et d'Éleusis, qui se sont développés plus tardivement. L'Asie mineure a donné naissance au culte de Cybèle, la grande Mère et son bien-aimé, un berger du nom de Attis. Le culte d'Isis et d'Osiris est originaire d'Égypte, tandis que la Syrie et la Palestine ont donné naissance au culte d'Adonis. Finalement, la Perse (Iran) a été le premier berceau du culte de Mithra, lequel - grâce à ses nombreuses images guerrières - a été bien populaire chez les soldats romains. Les premières religions païennes grecs étaient des religions d'état, ce qui veut dire qu'elles étaient des cultes publics ou civils et qu'elles avaient une fonction nationale ou publique. Les religions à mystère non-grec plus tardives étaient personnelles, privées et individualistes.

Traits de base

Nous devons abandonner l'idée qu'il existait une religion à mystère universelle. Bien qu'une tendance à l'éclectisme et au syncrétisme se soit développée vers 300 après Jésus-Christ, chaque culte à mystère était séparé et distinct des autres religions durant le siècle qui a donné naissance à l'église chrétienne. De plus, chaque culte à mystère a assumé différentes formes dans différentes cultures et a subi de nombreux changements, spécialement après l'année 100 après Jésus-Christ. Néanmoins, les religions à mystère comportaient cinq traits communs :

  1. Central à chaque religion était l'utilisation du cycle de la végétation dans lequel la vie se renouvelait à chaque printemps et mourait à chaque automne. Les adeptes des cultes à mystère ont trouvé une symbolique profonde dans la signification du processus naturel de naissance, de mort, d'affaiblissement et de renaissance.

  2. Comme on l'a noté plus haut, chaque culte faisait une utilisation importante de cérémonies secrètes, souvent en connexion avec un rite d'initiation. Chaque religion à mystère disait également à l'initié un secret qui contenait de l'information à propos de la vie du dieu ou de la déesse auquel l'initié rendait un culte et disait également comment les hommes pouvaient s'unir à la divinité. La connaissance était gardée secrète et était considérée comme une connaissance ésotérique, inatteignable pour quelqu'un qui n'appartenait pas au culte.

  3. Chaque religion était également construite autour d'un mythe dans lequel la divinité retournait à la vie après la mort. Le thème de la rédemption était implicite dans le mythe. Le sens caché du culte et du mythe qui l'accompagnait était exprimé dans un drame sacramentel qui faisait appel largement aux émotions et aux sentiments des initiés. L'extase religieuse était supposée les mener à penser qu'ils commençaient le début d'une nouvelle vie.

  4. Les religions n'avaient peu ou pas de doctrines et de systèmes de croyances. Elles étaient principalement concernées par la vie émotive de ses adeptes. Les cultes utilisaient plusieurs moyens pour affecter les émotions et l'imagination des initiés pour provoquer l'union à la divinité : cortège, jeûne, théâtre, acte de purification, lampion et liturgie ésotérique. Le manque d'emphase sur une croyance correct marque une importance différence entre les cultes à mystère et le christianisme. La foi chrétienne était exclusive dans le sens qu'elle reconnaissait uniquement un chemin légitime pour aller à Dieu et pour le salut : Jésus Christ. Les religions à mystère étaient inclusives dans le sens que rien n'empêchait une personne d'être membre de plusieurs cultes en même temps.

  5. Le but immédiat des initiés était une expérience mystique qui les aurait amenés en union avec leur dieu. Derrière cette question d'union mystique, il y avait deux buts plus ultimes : une sorte de rédemption ou de salut, et l'immortalité.

Évolution

Avant 100 après Jésus-Christ, les religions à mystère étaient encore largement confinées à des localités spécifiques et étaient encore un phénomène assez nouveau. Après 100 après Jésus-Christ, elles ont graduellement commencé à atteindre un public assez large grâce à l'empire romain. Mais elles ont également subi d'importants changements, ce qui a fait que plusieurs cultes ont absorbés des éléments des autres. Comme les dévots des religions à mystère sont devenus de plus en plus syncrétiques dans leurs croyances et leurs pratiques, des nouvelles combinaisons des anciennes religions à mystère ont commencé à émerger. Et comme les cultes ont continué à abandonner certaines de leurs anciennes pratiques plus étranges et désagréables, ils ont commencé à attirer un plus grand nombre d'adeptes.


Reconstruction des religions à mystère

Ce n'est pas avant le troisième siècle après Jésus-Christ que nous pouvons trouver du matériel suffisant (c'est-à-dire de l'information à propos des religions à mystère à partir des écrits de ce temps) pour permettre une reconstruction assez complète de leur contenu. Beaucoup trop d'écrivains utilisent cette information assez tardive (200 après Jésus-Christ) pour former des reconstructions de ces religions au troisième siècle et ensuite ils extrapolent cette reconstruction sans critique en affirmant que la forme tardive est la même que la forme originelle de ces cultes. Cette pratique n'est pas correcte et ne devrait pas être accepté sans remise en question. Les informations à propos d'un culte qui proviennent de plusieurs centaines d'années après la fermeture du canon du Nouveau Testament ne peuvent pas être interprétées comme ce qui était le statut du culte au premier siècle après Jésus-Christ. La question cruciale n'est pas de savoir l'influence que ses religions à mystère ont pu avoir sur des éléments du christianisme après 400 après Jésus-Christ, mais quel effet ces religions à mystère ont pu avoir sur le Nouveau Testament au cours du premier siècle.

Isis et Osiris

Le culte d'Isis est originaire d'Égypte et à traversé deux périodes importantes. Dans sa version égyptienne plus ancienne, laquelle n'était pas une religion à mystère, Isis était considéré comme la déesse du ciel, de la terre, de la mer et du monde invisible ici-bas. Dans la première période, Isis avait un mari nommé Osiris. Le culte d'Isis est devenu une religion à mystère seulement après que Ptolémée le Premier a introduit des changements majeurs, environ 300 avant Jésus-Christ. Dans la deuxième période, un nouveau dieu nommé Sérapis est devenu l'époux d'Isis. Ptolémée a introduit ces changements pour synthétiser la culture grecque et égyptienne dans son royaume, favorisant ainsi l'hellénisation de l'Égypte. À partir de l'Égypte, le culte d'Isis a graduellement fait son chemin jusqu'à Rome. Rome a premièrement repoussé le culte, mais la religion a finalement pénétré dans la cité durant le règne de Caligula (37-41 A.D.) Son influence a graduellement augmenté durant les deux siècles suivants et est devenu un rival majeur du christianisme pour certains habitants. Le succès du culte dans l'empire romain semble être le résultat de ses rituels impressionnants et de l'espoir d'immortalité qu'il offrait à ses adeptes. Le mythe de base du culte Isis concernait Osiris, son mari durant la première période égyptienne et durant la période où le culte n'était pas encore une religion à mystère. En se basant sur la version la plus commune du mythe, Osiris a été assassiné par son frère qui a ensuite lancé le tombeau contenant le corps d'Osiris dans la rivière du Nil. Isis a ensuite découvert le corps et l'a retourné en Égypte. Cependant, le frère d'Osiris s'est ensuite emparé du corps et l'a découpé en quatorze pièces et il les a dispersées un peu partout. Après une longue recherche, Isis a retrouvé chaque partie du corps. C'est à ce point-ci que le langage utilisé pour décrire ce qui suit est crucial. Parfois ceux qui racontent ce mythe sont satisfaits de dire que Osiris est revenu à la vie, même si un tel langage en affirme plus que le mythe en laisse voir. Certains vont même plus loin et affirment la résurrection d'Osiris. On peut voir comment sont biaisés certains auteurs qui décrivent les mythes païens avec un langage chrétien : " le corps mort d'Osiris flottait dans le Nil et est revenu à la vie, ceci ayant été accompli par un baptême dans les eaux du Nil. Le langage biaisé suggère trois fausses analogies entre Osiris et le Christ : 1. un dieu sauveur meurt. 2. Ensuite, il ressuscite 3. accompagné par les eaux du baptême. Cependant, les similarités alléguées, comme le langage utilisé pour les décrire, sont en fait des fabrications des auteurs modernes et ne font pas partis du mythe original. Une comparaison entre la résurrection de Jésus et le retour à la vie d'Osiris est vraiment exagérée. Ce ne sont pas toutes les versions du mythe d'Osiris qui le font revenir à la vie ; dans certaines d'entre elles, il devient tout simplement le roi du royaume des morts. C'est également faux d'essayer de trouver une analogie au baptême chrétien dans le mythe d'Osiris. Le destin d'Osiris dans son tombeau dans le Nil ressemble autant au baptême chrétien que la ville d'Atlantis qui a coulée. Comme on l'a noté précédemment, durant la période plus tardive du mythe, la divinité mâle du culte d'Isis n'était plus Osiris, mais Sérapis. Sérapis est souvent décrit comme un dieu soleil, et c'est clair qu'il n'est pas un dieu qui meurt. Donc, il ne peut pas être un dieu qui ressuscite. Il est important de ce rappelé que c'est la version post-Ptolémée du culte d'Isis qui était en circulation de 300 avant Jésus-Christ jusqu'aux premiers siècles de l'ère chrétienne et que ce dernier n'a rien qui ressemble à un dieu qui meurt et qui ressuscite comme sauveur.

Cybèle et Attis

Cybèle, aussi connu comme la Grande mère, a été adoré à travers la majorité du monde hellénique. Elle a commencé sans aucun doute comme la déesse de la nature. Au début de son culte, celui-ci comprenait des cérémonies orgiastiques au cours desquelles ses adeptes mâles entraient dans une euphorie et se castraient eux-mêmes. C'est à partir de ce moment qu'il devenait des prêtres eunuques de la déesse. Cybèle est devenue par la suite la Mère de tous les dieux et la maîtresse de toute vie. La plupart des informations que nous avons sur ce culte décrivent ses pratiques durant la période romaine plus tardive. Mais les détails sont minces et la majorité du matériel est tardif, datant certainement d'une période après la clôture du canon du Nouveau Testament. D'après le mythe, Cybèle aimait un berger du nom du Attis. Mais Attis était infidèle et Cybèle, pour se venger, le rendit fou. Dans sa folie, Attis s'est castré et est mort. Cela a beaucoup attristé Cybèle et cela a introduit la mort dans le monde naturel. Mais après cela, Cybèle a redonné la vie à Attis, un événement qui a aussi ramené le monde de la nature à la vie. Les présuppositions des interprètes tendent à déterminer le langage utilisé pour décrire qu'est-ce qui est arrivé après la mort d'Attis. Plusieurs écrivains réfèrent sans précaution à la résurrection d'Attis. Mais c'est une exagération. Il n'y a nul mention dans le mythe de quelque chose qui pourrait ressembler à un résurrection, ce qui suggère que Cybèle pourrait uniquement préserver le corps mort d'Attis. De plus, il y a la mention que les poils du corps ont continué de bouger, avec certains mouvements du petit doigt. Dans certaines versions du mythe, le retour à la vie d'Attis se fait par sa transformation en arbre. Puisque que l'idée derrière le mythe est le cycle annuel de la végétation, une ressemblance avec le corps ressuscité du Christ est grandement exagérée. La répétition publique du mythe d'Attis est devenue un événement annuel dans lequel les adorateurs partageaient l' " immortalité " d'Attis. Chaque printemps les adorateurs de Cybèle vont se rappeler la tristesse de la mort d'Attis en acte de jeûne et de flagellation. C'est uniquement durant la période romaine tardive des célébrations (après 300 A.D.) que le festival printanier a célébré la renaissance d'Attis. Le pin, symbolisant Attis, était coupé et ensuite porté jusqu'au sanctuaire, comme un cadavre. Plus tard, dans la suite du festival, l'arbre était enterré tandis que les initiés entraient en transe et se coupaient avec des couteaux. La nuit suivante, la tombe de l'arbre était ouverte et la renaissance d'Attis était célébrée. Mais le langage de ces sources tardives est très ambigu. En vérité, il n'y a pas de référence à la renaissance d'Attis qui ne soit pas ambigu, même dans la littérature très tardive datant du 4e siècle après le Christ.

Le sacrifice du taureau

Le rite le plus connu du culte de la Grande mère était le sacrifice du taureau. Il est important de noter, cependant, que ce rituel ne faisait PAS parti du culte dans ses premières périodes. Il est apparut dans le culte environ au milieu du deuxième siècle après Jésus-Christ. Durant la cérémonie, les initiés se couchaient dans une fosse tandis qu'un taureau était assassiné sur une plate-forme au-dessus d'eux. Les initiés se baignaient ensuite dans le sang chaud de l'animal qui venait de mourir. On a parfois affirmé que le Sacrifice du taureau a été une source pour le langage chrétien du sang de l'agneau ou de l'aspersion du sang de Jésus Christ (1 P 1 :2). Cela a aussi été cité comme la source de l'enseignement de Paul en Romains 6 :1-4, où il parle du baptême chrétien en lien avec la mort et la résurrection du Christ. Cependant, aucune notion de mort et de résurrection n'était présente dans le Sacrifice du taureau. De toute façon, les meilleures sources datent le rituel du Sacrifice du taureau environ 100 ans après que Paul est écrit Romain 6 :1-4. Il n'y a aucun texte qui permet d'affirmer que le Sacrifice du taureau était en mémoire de la mort de la résurrection d'Attis. Le rite païen ne peut tout simplement pas être la source de l'enseignement de Paul en Romains 6, 1-4. C'est seulement vers la fin du 4e siècle après Jésus-Chirst que le rituel a ajouté la notion de renaissance. Plusieurs études importantes montrent l'influence des enseignements chrétiens sur les développements plus tardifs de ce mythe. Il est clair que le développement chronologique du rite rend impossible une quelque conque influence qu'il aurait pu avoir sur le premier siècle du christianisme. Les enseignements du Nouveau Testament sur le sang doivent plutôt être vu en lien avec les enseignements de l'Ancien Testament sur la Pâque et les sacrifices au temple.

Mithra

Essayé de reconstruire les croyances et les pratiques du mithraïsme est difficile à cause de la maigre moisson d'informations qui a survécu à ce sujet. Les adeptes du culte expliquaient le monde en terme de deux principes ultimes et opposés : un bon (la lumière) et un autre mauvais (les ténèbres). Les humains doivent choisir le principe pour lequel ils vont se battre, puisqu'ils sont dans une guerre entre la lumière et les ténèbres. Mithra est considéré comme le puissant médiateur qui pourrait aider les humains à se défaire des forces démoniaques. La majeure raison pour laquelle le mithraïsme n'a pu avoir d'influence sur le christianisme du premier siècle est la chronologie. L'épanouissement du Mithraïsme a eu lieu après la fermeture du canon du Nouveau Testament, beaucoup trop tard pour avoir pu influencé ce qui se trouve dans le Nouveau Testament. Les difficultés chronologiques font qu'une influence mithraïste sur le début du christianisme est très improbable. En tout cas, il ne reste aucune évidence crédible pour affirmer cela.


Parallèles frappants ?

Nous en avons assez dit pour nous permettre de commenter une erreur majeure des écrivains mentionnés plus haut. Je réfère ici à leur utilisation sans précaution d'un certain langage. On rencontre fréquemment des écrivains qui utilisent une terminologie chrétienne pour décrire des croyances et pratiques païennes et ensuite ils nous parlent des parallèles frappants qu'ils pensent avoir découverts. Certains font un long discours pour prouver la dépendance du christianisme primitif aux religions à mystère en décrivant leur croyance ou leur pratique avec une terminologie chrétienne. J. Godwin fait cela dans son livre : " Mystery Religions in the Ancient World ", lequel décrit la pratique du criobolium (Quand la cérémonie utilisait un agneau plutôt qu'un taureau, on l'appelait criobolium. Puisque l'agneau était moins cher que le taureau, c'était une pratique assez courante) comme un baptême du sang dans lequel l'initié est lavé dans le sang de l'agneau. Des lecteurs méconnaissants peuvent être frappés par la similarité avec le christianisme, tandis que les lecteurs avec un certain savoir vont voir qu'une telle affirmation est uniquement une réflexion biaisée. Les exagérations et les simplifications sont abondantes dans ce type de littérature. On rencontre des informations qui affirment la ressemblance du baptême et de la dernière Cène avec des rites semblables dans les cultes à mystère. On rencontre aussi des tentatives de trouver des analogies entre la résurrection du Christ et les supposées " résurrections " des divinités à mystère. Ces tentatives impliquent cependant d'énormes simplifications et des inattentions à plusieurs détails.

Rituels païens et sacrements chrétiens

Le simple fait que le christianisme a un repas sacré et une cérémonie de lavement des pieds est supposé prouver que ces cérémonies ont été empruntés de repas similaires et de lavements des cultes païens. En eux-mêmes, bien sûr, des similarités semblables ne prouvent rien. Après tout, les cérémonies religieuses peuvent uniquement prendre une forme limitée et elles vont éventuellement se rapporter à un aspect important ou commun de la vie humaine. La question la plus important est le sens des pratiques païennes. Les cérémonies de lavement qui précèdent le Nouveau Testament ont un sens différent du baptême du Nouveau Testament, tandis que les cérémonies de lavement païennes d'après 100 après Jésus-Christ sont trop tardives pour avoir influencé le Nouveau Testament, et il y a de forte chance qu'elles aient été influencés par le christianisme eux-mêmes. Les repas sacrés dans les religions à mystère grec pré-chrétien ne prouvent rien du tout à cause d'un problème de chronologie. Les cérémonies grecques qui sont supposés avoir influencées le christianisme primitif avaient depuis longtemps disparus quand on arrive à Jésus et Paul. Les repas sacrés dans les religions à mystère post-chrétiennes comme le mithraïsme sont trop tardives. À l'opposé des rites initiatiques des religions à mystère, le baptême chrétien se base sur ce qu'une personne réelle et historique - Jésus-Christ - a fait dans l'histoire. Les partisans des cultes à mystère pensaient que leur sacrement avait le pouvoir de donner le bénéfice individuel d'immortalité dans un sens mécanique ou magique, sans avoir à subir une transformation morale ou spirituelle. Ce n'était certainement pas le point de vue de Paul sur le salut ou sur la façon dont fonctionnaient les sacrements Chrétiens. En contraste aux cérémonies d'initiations païennes, le baptême chrétien n'est pas une cérémonie mécanique ou magique. Il est clair qu'on ne peut trouver les sources du baptême chrétien dans le Sacrifice du taureau (qui est après le premier siècle de toute façon) ou dans les cérémonies de lavement des mystères païens. Sa source se trouve plutôt dans la cérémonie de lavement de purification qu'on retrouve dans l'ancien Testament et dans la pratique juive de baptisés les prosélytes, cette dernière étant la source la plus vraisemblable pour la pratique du baptême de Jean le Baptiste. De toutes les religions à mystère, seulement le Mithraïsme avait quelque chose qui pouvait ressemblé à la dernière Cène. Une pièce de pain et une coupe d'eau étaient placées devant les initiés tandis qu'un prêtre de Mithra disait des mots pendant la célébrations. Cependant, puisque ce rituel date d'après le premier siècle, il est impossible qu'il est influencé le christianisme primitif. Les affirmations disant que la dernière Cène était un dérivé d'un repas sacré païens sont basées uniquement sur des exagérations ou des simplifications. La tentative de faire des supposés parallèles et analogies est un échec complet. On a beaucoup plus de chances de trouver des analogies à la dernière Cène si on fouille dans les traditions juives que parmi les traditions païennes. La dernière Cène fait référence à une personne réelle et historique et à ce qu'il a fait dans l'histoire. La dernière Cène chrétienne fait référence au repas de la Pâque juive. Les tentatives pour trouver des sources païennes au baptême et à la dernière Cène doivent donc être considérés comme un échec.

Mort des dieux païens et mort de Jésus Christ

La meilleure façon dévaluée la supposé dépendance des croyances du christianisme primitif sur la mort et la résurrection du Christ sur les mythes païens d'un dieu mourant et renaissant est d'examiner attentivement les supposés parallèles. La mort de Jésus diffère des autres morts des dieux païens au moins de six façons :

  1. Aucun des dieux païens ne meurt à la place de quelqu'un d'autre. La notion de Fils de Dieu qui meurt à notre place est unique au christianisme.

  2. Seulement Jésus est mort pour nos péchés. Comme l'observe Gunter Wagner, aucun des dieux païens n'a l'intention d'aider les hommes. La sorte de mort qu'ils subissent est totalement différente (accident de chasse, castration, etc.)

  3. Jésus est mort une fois pour toute (He 7, 27 ; 9, 25-28 ; 10, 10,14). Au contraire, les dieux des mystères étaient des déités de la végétation dont la mort et la résurrection se répétaient avec le cycle naturel des saisons.

  4. La mort de Jésus est un événement historique. La mort des dieux à mystère apparaît uniquement dans un drame mythique avec aucune attache historique ; sa répétition célèbre la mort et la renaissance de la nature qui se fait tout le temps. Le fait incontestable que l'église primitive croyait que sa proclamation que Jésus était mort et ressuscité est basé sur un fond historique fait que c'est absurde de vouloir dire que cette croyance serait dérivé d'un mythe païen non-historique.

  5. Au contraire des dieux à mystère, Jésus est mort volontairement. Rien de cela n'apparaît dans les mythes païens, même implicitement.

  6. Et finalement, la mort de Jésus n'a pas été une défaite, mais un triomphe. Le christianisme se démarque totalement des religions à mystère parce que le message de la mort de Jésus est en fait un message de triomphe. Même si Jésus a expérimenté la douleur et l'humiliation de la croix, Il en est sorti victorieux. L'attitude d'exaltation du Nouveau Testament contraste grandement avec celle des religions à mystère, où les adeptes sont tristes du terrible destin qu'a subit leur dieu.

Résurrection du Christ et résurrection des dieux païens

Lequel des dieux païens a actuellement expérimenté une résurrection d'entre les morts? Aucun texte de la première période ne réfère à la résurrection d'Attis. C'est la même chose pour Osiris. Quelqu'un peut parler de résurrection dans les histoires d'Osiris, d'Attis et d'Adonis, mais uniquement dans un sens large Par exemple, après qu'Isis a rassemblé les pièces du corps démembré d'Osiris, Osiris est devenu le seigneur des morts. C'est un pauvre substitut par rapport à la résurrection de Jésus Christ. Et on ne peut pas dire non plus que Mithra fût un dieu mourrant et renaissant. En observant bien les faits objectivement, on se rend compte que les tentatives de certaines personnes de montrer que le christianisme primitif s'est inspiré de dieux païens pour ce qui est de la croyance à la mort et à la résurrection de Jésus sont un échec. Aucun fait objectif ne permet d'affirmer cela.

Résurrection chrétienne et rites d'initiation païens

Plusieurs écrits à ce sujet sont remplis de généralisations à l'effet que le christianisme primitif aurait emprunté cette notion de résurrection aux mystères païens. Mais les évidences montrent très bien qu'il n'y a pas de doctrine de résurrection que les chrétiens auraient pu emprunté, car cela n'existait pas dans les doctrines païennes pré-chrétiennes. Il y a actuellement très peu de références aux notions de résurrections qui ont survécus et même là, elles sont trop récentes et très ambigus. Ce ne sont pas des sources assez fortes pour aller jusqu'à affirmer que le Nouveau Testament aurait copié sa doctrine de la résurrection de cela. L'affirmation que les religions à mystère pré-chrétiennes pensaient que leur rite d'initiation était la même chose que la résurrection chrétienne n'est pas appuyée par aucune évidence dans les textes anciens et dans les recherches actuelles. Certains auteurs lisent les textes plus récents sur ces mythes et appliquent ce qu'ils lisent dans ces textes sur les rites plus anciens, qui sont alors interprétés comme des rites initiatiques de nouvelle naissance. Cependant, la croyance que les cultes pré-chrétiens utilisaient le terme " résurrection " ou " renaissance " n'est retrouvé dans aucun texte... La plupart des chercheurs contemporains maintiennent que l'utilisation du concept de renaissance par les cultes païens (Les évidences de ce concept se retrouvent uniquement dans des textes datés d'après 300 après Jésus-Christ) diffère grandement de l'utilisation que le Nouveau Testament en fait. Le plus que les chercheurs sont capables de concéder, c'est la possibilité que certains chrétiens aient empruntés la métaphore ou l'imagerie de la résurrection du langage courant de l'époque, mais en la réinterprétant avec leur doctrine théologique respective. Alors même si le mot " résurrection " ou " renaissance " était Hellénistique, le contenu du mot avait un sens purement chrétien.


Résumé des arguments

Je conclue en notant sept points qui montrent bien pourquoi le christianisme des premiers siècles n'a pas pu emprunter ces croyances et pratiques essentiels aux religions à mystère païennes.

  1. Les arguments offerts pour prouver la dépendance du Christianisme sur les cultes à mystère illustrent la logique fallacieuse de la fausse cause. Cet argument fallacieux est commis quand quelqu'un résonne en affirmant que uniquement parce que deux choses existent une à côté de l'autre, une doit avoir causé l'autre. Comme nous devrions tous le savoir, une coïncidence ne prouve pas qu'il y a un lien causal. C'est la même chose avec la similarité, elle ne prouve pas la dépendance.

  2. Plusieurs supposées similarités entre le christianisme et les religions à mystère sont grandement exagérées ou fabriquées. Des auteurs décrivent souvent les rites païens avec un langage emprunté au christianisme. Une utilisation non attentive du langage pourrait amené quelqu'un à parler d'une dernière Cène dans le Mithraïsme ou d'un baptême dans le culte d'Isis. C'est également un non-sens de prendre le mot sauveur, qui fait référence au mot Sauveur du Nouveau Testament, et de l'appliquer à Osiris ou Attis comme s'ils étaient des dieux sauveurs comme le Christ.

  3. La chronologie est tout simplement mauvaise. Presque toutes les sources d'informations à propos des religions païennes qui sont supposées avoir influencées le Christianisme sont trop récentes. On trouve souvent des auteurs citant des documents écrits 300 ans après Paul dans le but de montrer que ces documents ont influencé Paul. Cela n'a pas de sens. Nous devons rejeter l'idée que parce qu'un culte avait une certaine croyance ou pratique au troisième ou quatrième siècle après Jésus-Christ, il avait nécessairement la même croyance ou pratique au premier siècle. Les croyances et pratiquent ont beaucoup évoluées pour ces religions à mystère, étant donné qu'elles étaient syncrétiques. Donc, on doit se fier à l'histoire et s'il n'y a pas de sources qui affirment qu'une certaine religion avait une certaine pratique au premier siècle, alors on doit en conclure que ce n'est pas vrai.

  4. Paul n'aurait jamais consciemment emprunté des croyances aux religions païennes. Toutes les informations que l'on a à propos de lui font qu'il est très improbable qu'il ait été influencé par les sources païennes. Il a placé une grande emphase dans ses premiers temps sur une forme stricte de Judaïsme (Ph 3, 5). Il a prévenu les Colossiens des influences humaines qui pourraient menées à un christianisme syncrétique (Col 2, 8).

  5. Le christianisme primitif était une foi exclusive. Comme l'explique J. Machen, les cultes à mystère étaient non exclusif : " Un homme pouvait devenir un initié dans le culte de d'Isis ou de Mithra sans à avoir à abandonner ses croyances antérieures ; cependant s'il était reçu dans l'Église chrétienne, d'après les enseignement de Paul, il devait abandonné toutes autres croyances pour le Seigneur Jésus-Christ... Le syncrétisme était très présent dans le monde gréco-romain. La religion de Paul et la religion d'Israël étaient totalement uniques. L'exclusivisme devait être un point de départ pour toutes les réflexions possibles à propos des relations possibles entre le Christianisme et ses compétiteurs païens. Si les païens avaient trouvé des éléments de syncrétisme dans le Nouveau Testament, cela aurait été une cause immédiate de controverse.

  6. À l'opposé des religions à mystère, la religion de Paul est actuellement ancré sur des événements qui sont arrivés dans l'histoire. Le mysticisme des cultes à mystère est essentiellement non historique. Leurs mythes étaient des drames, qui correspondaient à ce que les initiés traversaient. Ils n'étaient pas des événements historiques, comparés à la vie et à la mort du Christ. L'affirmation que le Christ soit une personne historique dans un temps et un lieu particulier fait qu'on ne peut pas du tout faire de parallèles avec les religions à mystères païennes.

  7. Le peu de parallèles qui restent peuvent très bien être une conséquence de l'influence du christianisme sur les systèmes païens. Cela ne serait pas surprenant que les chefs des cultes païens, voyant que le christianisme devenait plus puissant qu'eux, ait fait quelque chose pour contrer la monter du christianisme. Quelle meilleure façon de contrer le christianisme que d'offrir des pratiques païennes similaires à celle du christianisme ? Les tentatives des païens pour contrer l'expansion du christianisme en l'imitant sont clairement apparentes aux mesures instituées par Julian II le philosophe, qui a été empereur Romain de 360 à 363 après Jésus-Christ. Celui-ci abjura le christianisme en essayant de créer un syncrétisme païen, et il rétablit le paganisme pour tenter de briser l'expansion chrétienne.


Conclusion

Les efforts pour diminuer l'originalité unique de le révélation chrétienne en affirmant qu'elle est uniquement une copie de mythes païens s'écroulent rapidement quand quelqu'un a toutes les informations disponibles. Il est clair que les arguments employés par ces auteurs sont uniquement de la mauvaise recherche. Même là, cette conclusion pourrait être trop généreuse. Une meilleure explication à ces mauvais arguments pourrait être tout simplement de la mauvaise foi...